Un livre dans ta culotte
, le 8 décembre 2009femme, sexe faible
Un village au féminin
Une société sans homme est-elle vivable? Voir plus vivable? Oui et plutôt deux fois qu’une répond James Canon, dans son premier roman « Le village des veuves intrépides ».
15 novembre 1992. Un village, comme tant d’autres, perdu au fin fond de la Colombie. Les guérilleros arrivent et embarquent de force tous les hommes. Que vont devenir la femme du brigadier, la femme du barbier, la femme du maire et la mère de l’instituteur?
D’épouses soumises, de mères dociles, de jeunes vierges frustrées ou de putains désormais au chômage…, elles se prennent en main et se transforment en leader politique de choc, instigatrices d’un nouvel ordre social, au féminin.
La nourriture? Pas de problème grâce à la vache Pérestroïka.
La survie physique du village? Le padre Raphael, seul rescapé de la gente masculine, se pose en sauveur et n’hésite pas à se lancer dans une croisade de reproduction sacrificielle, baisant allègrement au nom du Seigneur.
Et après le manque d’hommes, après le manque de géniteur, peut enfin venir l’amour. De toute la Colombie déchirée par la guerre, Mariquita devient le seul village pacifique et ce par l’invention exclusivement féminine d’une nouvelle société.
A travers un roman baroque, dans la veine du réalisme fantastique de Garcia Marquez et Vargas Llorca, James Canon oppose à la cruelle réalité de la Colombie (les incessants combats que mènent les guérilleros communistes, l’armée colombienne et les milices d’extrême droite) à la plus réjouissante des utopies féministes.
James Canon, Le village des veuves intrépides, Belfond, 2008.
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