Aujourd’hui le porno est partout. De la publicité aux cours d’écoles, chaque jour on voit et entend sa dose de fesses/bites/chattes … Pas toujours très intéressant, ni éducatif, et de moins en moins subversif. En un mot : banal.
Dans ce climat tiède, la Suède nous donne une nouvelle leçon de style.
En partie financé par le très sérieux Institut du film suédois, Dirtydiaries dérange autant qu’il intrigue. Filmdocu artistique distribué dans les salles de cinéma tout public, il met en avant une vision féminine de la sexualité à travers douze courts-métrage, tous réalisés par des femmes. Mia Engberg, instigatrice du projet exprime clairement sa vision dans un manifesto (10 points qu’elle explique sur le site http://www.dirtydiaries.se/) prônant la liberté sexuelle et le changement de vision dans une société qu’elle qualifie de machiste. Le but de sa démarche est simple : montrer la sexualité des femmes de façon naturelle et ainsi sortir les films classés X de leur schéma archaïque.
A entendre les rires gênés des spectateurs dans la salle obscure cet après-midi là, on comprend malheureusement qu’il y a encore du chemin à faire et on ne peut qu’encourager ce type d’ovni cinématographique qui élève le débat et fait mouiller les culottes.
Le réalisateur Jean-Michel Carré donne la parole aux prostitués volontaires dans un documentaire anti-préjugés : « Les Travailleuses du sexe ». En salles le 3 février.
Depuis la loi Sarkozy de 2003, qui institue le délit de « racolage passif », certaines femmes et hommes revendiquent à nouveau haut et fort la volonté de pouvoir louer librement leur corps et leurs pratiques sexuelles et réclament que leur métier soit considéré comme aussi respectable qu’un autre, avec ses droits et ses devoirs.
Pour son sixième documentaire sur la prostitution, Jean-Michel Carré est allé à la rencontre de ces personnes, avec l’ambition évidente de modifier le regard du quidam sur le plus vieux métier du monde. La sexualité et son contrôle par le pouvoir sont au cœur de ce documentaire qui s’interroge sur la stigmatisation des pratiques liées à la prostitution.
Après avoir trouvé un appareil photo dans le métro parisien, JR explore l’art urbain européen et suit ceux qui expriment leur message sur les murs. Puis, il commence à explorer d’autres univers, utilisant toujours le même procédé : des portraits au 28mm placardé en format géant sur toutes formes de support urbains. JR expose librement dans les rues du monde entier, attirant ainsi l’attention des passants. Œuvrant d’abord dans l’illégalité, le jeune artiste obtient très vite une reconnaissance mondiale.
Après avoir travaillé, entre autre, sur les jeunes de banlieues parisiennes, les Israéliens et Palestiniens, JR a commencé depuis trois ans un reportage sur les femmes sous la forme de photos au 28mm et d’un film documentaire. Women Are Heroes est avant tout un hommage aux femmes dont la dignité est soulignée en collant leurs photos sur les murs de leurs villages et du monde entier. Dans le film, ces femmes expriment leurs difficultés dans un monde dominé par les hommes, elles partagent leurs cauchemars, mais elles offrent aussi leurs joies et font rayonner leur énergie… Le reportage se passe dans des endroits représentés par les médias uniquement lorsque « quelque chose » s’y produit. Lorsque JR s’y rend, c’est, au contraire, pour montrer une réalité étouffée par la recherche du sensationnel, dans le cadre d’une normalité ignorée.
Une rencontre avec des gens qui passent du rire aux larmes, qui portent un passé douloureux et l’envie de construire un avenir heureux. En retrouvant ce qui est commun dans les regards des femmes, on se rapproche de ce qui est universel: l’humain.
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